Aucune économie développée n'est purement de marché : l'État est toujours présent. Mais pourquoi intervient-il, et avec quels leviers agit-il sur la conjoncture ?
Pourquoi l'État intervient
Le débat oppose les libéraux, qui misent sur l'efficacité du marché et veulent limiter l'intervention, aux interventionnistes (tradition de Keynes), qui soulignent les défaillances du marché. Dans les faits, toutes les économies développées sont mixtes : marché et État coexistent dans des proportions variables. Trois raisons justifient l'action publique : corriger les défaillances de marché, réduire les inégalités et stabiliser l'activité.
Les trois fonctions de Musgrave
L'économiste Richard Musgrave a proposé une classification devenue classique des fonctions économiques de l'État :
- Allocation — fournir les biens publics et corriger les défaillances (outils : dépenses, normes).
- Redistribution — réduire les inégalités de revenus (outils : impôts, prestations).
- Stabilisation — réguler la conjoncture, chômage et inflation (outils : politiques budgétaire et monétaire).
Politique budgétaire et politique monétaire
Pour stabiliser l'activité, l'État dispose de deux grandes politiques conjoncturelles : la politique budgétaire, qui joue sur les dépenses et les impôts, et la politique monétaire, qui agit sur les taux d'intérêt via la banque centrale. Elles sont complétées par des politiques structurelles de long terme.
Un environnement qui façonne l'entreprise
L'action de l'État n'est pas un décor lointain : le niveau des taux conditionne le coût des emprunts, la fiscalité pèse sur la rentabilité, les aides soutiennent les projets et la réglementation encadre l'activité. Comprendre l'État économique, c'est anticiper une part importante de son contexte d'affaires.