Un onglet « Clients », un onglet « Commandes », un onglet « Factures » reliés par des recherches verticales : le classeur tient quelques mois, puis le client déménage, l'adresse est corrigée à trois endroits sur cinq, et le fichier contient deux vérités sans qu'aucune ne se signale comme fausse. Le tableur enregistre ce qu'on lui donne ; la base relationnelle refuse ce qui contredit le modèle déclaré.
Du classeur-base au modèle relationnel
La fiche part des cinq défauts que le tableur employé comme base fait apparaître toujours dans le même ordre — redondance, anomalies de mise à jour, d'insertion et de suppression, rapprochements fragiles — et leur oppose la réponse du modèle formalisé par Edgar Codd en 1970 : une information, un seul endroit, et des clés pour relier. Suivent le vocabulaire du modèle, l'arbitrage entre clé naturelle et clé technique, et le rôle de la clé étrangère, qui déplace le contrôle de l'aval vers l'amont.
Concevoir un schéma défendable
La conception commence avant les tables. La fiche déroule la lecture des cardinalités héritées de la méthode Merise, les cinq règles de passage du modèle conceptuel au schéma relationnel, puis les trois formes normales utiles en gestion, avec règle, symptôme et correction. Une distinction y est traitée à part, car elle décide de la justesse des historiques :
- la redondance fautive, qui fabrique de la contradiction ;
- la donnée historisée — prix appliqué, taux retenu — qui se fige dans la ligne qui la constate ;
- la dénormalisation contrôlée du décisionnel, distincte du transactionnel qui exige la 3FN.
Ce que la base refuse, et comment l'interroger
Cinq familles de contraintes d'intégrité sont détaillées, avec le traitement de la valeur NULL et les propriétés ACID des transactions. Vient ensuite le cœur pratique : l'écart entre l'ordre d'écriture des six clauses d'un SELECT et leur ordre d'évaluation, d'où découle le partage entre WHERE et HAVING ; les cinq formes de jointure ; et surtout l'anti-jointure, LEFT JOIN associé à IS NULL, qui produit ce qu'aucun état standard n'édite : les commandes livrées jamais facturées, les clients sans commande, les factures sans règlement.
À qui elle s'adresse
Elle vise le gestionnaire, l'assistant et l'étudiant qui doivent lire un schéma de données, formuler eux-mêmes leur question au lieu d'attendre l'état que le logiciel produit, et livrer un chiffre défendable. Un cas appliqué — le contrôle des encaissements chez un négociant —, six besoins de gestion et leur requête, les pièges récurrents et un glossaire complètent l'ensemble.