Le service comptable est le seul à réunir sous un même toit les coordonnées bancaires de tous les tiers, les rémunérations nominatives, les marges par client et la preuve légale de l'activité. Le protéger n'est pas une affaire de technicien : c'est une obligation comptable, fiscale et juridique.
Quatre critères pour analyser tout risque : DICT
La sécurité s'organise autour de quatre critères — disponibilité, intégrité, confidentialité, traçabilité — qui disciplinent l'analyse : devant tout incident, il faut nommer le critère atteint, la réponse en découle presque mécaniquement. La menace la plus fréquente n'est pas le rançongiciel spectaculaire mais le piratage de compte, qui ouvre ensuite tout le reste. Deux fraudes visent presque exclusivement le service comptable : la fraude au président et la fraude au faux fournisseur, qui se combattent par la procédure (double validation, contre-appel) plutôt que par la technique.
Sauvegarde ≠ archivage : la règle 3-2-1
La sauvegarde est une copie de travail destinée à revenir en arrière ; l'archivage est une conservation destinée à prouver, sur des durées légales précises. La règle 3-2-1 — trois copies, deux supports différents, une copie hors site et déconnectée — en est le socle, mais une sauvegarde jamais restaurée ne vaut rien : seul le test de restauration périodique en fait la preuve.
Des durées de conservation à connaître par cœur
Dix ans pour les documents comptables (code de commerce), six ans pour ce qui sert de base à l'impôt — dont le fichier des écritures comptables — cinq ans pour les bulletins de paie : ces délais se cumulent et conditionnent la valeur probante de l'archive électronique.
Le RGPD, un cadre opposable au quotidien
Le règlement général sur la protection des données impose un registre des traitements, une base légale unique par traitement, des durées de conservation définies et la notification de toute violation à la CNIL sous 72 heures. Le comptable est en outre tenu par une obligation propre de discrétion, notamment sur les données de paie, et doit encadrer par contrat tout transfert de données à son cabinet d'expertise comptable.