Deux millions d'euros de dettes ne sont ni lourds ni légers tant que l'on ignore à quels capitaux propres ils s'adossent. Les comptes annuels livrent des masses ; le diagnostic commence lorsque ces masses sont rapportées les unes aux autres, puis confrontées au temps et à la branche.
Quatre familles de ratios, quatre questions
La fiche organise le diagnostic autour de quatre familles : la structure financière dit avec quelles ressources l'outil est financé, la liquidité si les échéances proches seront tenues, la rotation combien de jours d'activité dorment au bas du bilan, la rentabilité ce que rapportent l'outil économique et les capitaux propres. Chacune est traitée avec ses formules, sa lecture et ses signaux de dégradation.
Un principe traverse l'ensemble : un ratio isolé ne diagnostique rien. Sa valeur naît de deux confrontations — dans le temps, sur trois exercices au moins, et dans l'espace, face aux références de branche publiées par la Centrale de bilans, la base FIBEN ou le dispositif Ésane de l'INSEE.
Retraiter le bilan avant de calculer
Le bilan comptable est établi pour rendre compte, non pour être analysé. La fiche détaille les six retraitements sans lesquels les ratios mesurent des conventions plutôt que des réalités : crédit-bail, effets escomptés non échus, affacturage, comptes courants d'associés bloqués, concours bancaires courants, actifs sans valeur de revente. Chaque omission est reliée au ratio qu'elle fausse.
Levier, effet de massue, décomposition de Du Pont
- L'écart entre rentabilité économique et rentabilité financière, expliqué par la formule Rf = [Re + (Re − i) × D/CP] × (1 − t), lue en trois temps : un socle, un différentiel, un bras multiplicateur.
- La symétrie du mécanisme : dès que la rentabilité économique passe sous le coût de la dette, le bras qui multipliait le gain multiplie la perte. Un tableau compare sept structures de financement à rentabilité économique identique.
- La décomposition de Du Pont — marge nette, rotation de l'actif, levier — et son usage dynamique par substitutions en chaîne, qui situe l'origine d'une dérive.
- La cohérence des bases hors taxes et toutes taxes comprises dans les ratios de rotation, où se loge l'erreur la plus fréquente.
À qui elle sert
La fiche se clôt sur une séquence de diagnostic en sept étapes et sur les fonctions score (Beaver, Altman, Conan et Holder) et leurs réserves d'usage. Elle s'adresse aux étudiants appelés à commenter des comptes en épreuve ou en dossier professionnel, comme aux formateurs cherchant un support complet sur l'analyse financière par les ratios.