Une entreprise ne dépose pas le bilan parce qu'elle perd de l'argent, mais parce qu'elle n'en a plus sur son compte le jour d'une échéance. Cette fiche construit le budget de trésorerie mensuel — solde initial, encaissements, décaissements, solde final — qui donne à l'entreprise plusieurs mois d'avance sur ses difficultés de liquidité.
Charge n'est pas décaissement, produit n'est pas encaissement
Toute la technique tient dans une conversion : passer des droits constatés (hors taxes) aux flux de trésorerie (toutes taxes comprises, décalés selon les délais de règlement réels). Trois retraitements s'imposent dans l'ordre : mise en TTC, application des délais, élimination des charges calculées (amortissements, variations de stock). Le budget de TVA, piège numéro un, doit toujours démarrer un mois avant la période budgétée puisque la TVA due au titre du mois M n'est reversée qu'en M+1.
Le cas AUBEVAL : une impasse révélée deux mois à l'avance
Chez la SAS AUBEVAL, entreprise saisonnière de matériel de plein air, le budget du deuxième trimestre révèle une impasse de − 18 000 € en juin — pourtant le meilleur mois de ventes — due au télescopage entre le règlement des achats de mai, un investissement payé comptant et une échéance d'emprunt. L'escompte d'un effet de commerce de 50 000 € comble l'impasse pour 400 € d'agios apparents, mais le taux de revient réel, rapporté au besoin de 18 000 € sur trente jours, atteint 26,7 % l'an — preuve qu'un taux affiché ne dit rien du coût réel d'un financement surdimensionné.
Le bilan prévisionnel boucle la démarche : son équilibre parfait (370 600 € à l'actif et au passif) prouve qu'aucun flux n'a été oublié ni compté deux fois — le meilleur contrôle disponible sur un exercice de ce type, en aval direct de la cascade budgétaire.