Un écart de 0,15 euro sur un kilogramme de granulé, et ce sont 7 694 euros qui manquent en fin de mois : cette fiche montre comment le contrôle budgétaire remonte du symptôme à la cause, en décomposant systématiquement l'écart total en composantes attribuables à un responsable précis.
Comparer toujours au coût préétabli de la production RÉELLE
Le principe le plus souvent raté est simple mais décisif : l'écart total se calcule entre le coût réel et le coût préétabli de la production réellement obtenue, jamais de la production prévue — sinon produire moins ferait mécaniquement apparaître un écart favorable. Sur charges directes, l'écart se décompose en un écart sur quantité (valorisé au coût préétabli) et un écart sur coût (calculé sur la quantité réelle) ; sur charges indirectes, la décomposition est triple : écart sur budget, écart sur activité (exactement le coût de sous-activité de l'imputation rationnelle) et écart sur rendement.
Le cas PLASTIMOULE : une cascade révélée par le tableur
Chez PLASTIMOULE, une rupture d'approvisionnement oblige à acheter du granulé plus cher (4,15 € au lieu de 4,00 €) et de moindre qualité, générant des rebuts. L'écart total de 7 694 € se décompose en 1 840 € d'écart sur quantité matière, 1 794 € sur prix matière, 1 200 € sur temps de main-d'œuvre, − 940 € (favorable) sur taux horaire, et 800 + 1 200 + 1 800 € sur les trois composantes des charges indirectes. Le contrôle final — la somme des sept sous-écarts doit égaler l'écart total au centime près — confirme que le vrai déclencheur est une simple décision d'achat, dont les conséquences se propagent en cascade jusqu'au rendement de l'atelier.
Cette analyse des écarts est le prolongement naturel du budget des ventes et de la production et alimente directement les tableaux de bord.