Comment une charge de loyer finit-elle par se retrouver, au centime près, dans le coût de revient d'un châssis vendu 52 euros ? La fiche CG P5.02 détaille la méthode des centres d'analyse, héritée des sections homogènes de Rimailho (1937), qui reste la référence pour valoriser les stocks et fixer un tarif.
Une cascade qui épouse le cycle d'exploitation
Le calcul se déroule en trois étages qui s'emboîtent : le coût d'achat (sur les quantités achetées), le coût de production (sur les quantités produites, après passage par le stock de matières valorisé au coût moyen unitaire pondéré), puis le coût de revient (sur les quantités vendues, et non produites — la confusion la plus fréquente en examen). Les charges indirectes transitent obligatoirement par des centres d'analyse : les centres auxiliaires (gestion du personnel, entretien) sont vidés dans les centres principaux (approvisionnement, atelier), qui seuls imputent leurs charges aux produits via une unité d'œuvre.
Prestations réciproques et sous-activité
Lorsque deux centres auxiliaires se rendent des services mutuels, la répartition en cascade devient impossible : il faut poser un système d'équations. Sur le cas de la SAS MÉTALLIA, la résolution du système donne 25 000 € pour le centre Gestion des bâtiments et 15 000 € pour l'Entretien-maintenance, avant de déverser 28 000 € sur l'Approvisionnement et 72 000 € sur l'Atelier. Le coût de revient du châssis CH ressort à 43,38 € et celui du capot CP à 65,97 €, pour un résultat analytique global de 60 103 €. La fiche traite aussi l'imputation rationnelle des charges fixes : en cas de sous-activité, l'article 213-32 du PCG interdit d'incorporer aux stocks le coût de la capacité inemployée.
Enfin, le tableau de concordance boucle la démarche en rapprochant le résultat analytique du résultat comptable (59 353 € dans le cas MÉTALLIA), preuve que le calcul est juste. Les limites de la méthode — arbitraire des clés, subventionnement croisé — annoncent directement la méthode ABC.