Une marge sur coût variable, deux niveaux de charges fixes et un point d'équilibre : les coûts partiels ne cherchent pas à savoir ce que coûte un produit, mais ce que l'entreprise perdrait à s'en priver. Cette fiche construit le compte de résultat différentiel et le seuil de rentabilité, deux outils centraux du processus P5.
Direct costing, coût spécifique et la règle de l'abandon
Le direct costing (coût variable) fait apparaître la marge sur coût variable, qui doit couvrir la totalité des charges fixes. Le direct costing évolué (coût spécifique) sépare les charges fixes propres à un produit — qui disparaîtraient avec lui — des charges fixes communes, qui subsisteraient. La règle de décision est simple : tant que la marge sur coût spécifique est positive, le produit contribue à couvrir les charges communes et son abandon dégraderait le résultat global. Le cas de la SAS Vosges Composites l'illustre : deux gammes (Bêta et Gamma) affichent un résultat analytique négatif en coût complet, mais leur marge sur coût spécifique est positive ; abandonner Gamma ferait perdre 20 000 € — exactement sa marge sur coût spécifique — tout en aggravant le levier d'exploitation de 13 à 18.
Seuil de rentabilité, point mort et levier d'exploitation
Le seuil de rentabilité (charges fixes ÷ taux de marge sur coût variable) donne le chiffre d'affaires pour lequel le résultat est nul ; le point mort en donne la date. La marge de sécurité et l'indice de sécurité mesurent la capacité à absorber une baisse d'activité, tandis que le levier d'exploitation (marge sur coût variable ÷ résultat) mesure l'élasticité du résultat au chiffre d'affaires : plus la structure est chargée en frais fixes, plus le levier est fort et le risque d'exploitation élevé.
Ces méthodes ne servent qu'à décider à court terme, jamais à valoriser les stocks au bilan (réservé au coût complet) : elles préparent directement le raisonnement en coût marginal.