Une PME peut afficher un joli bénéfice et se retrouver, un matin, incapable de payer ses salaires : rentable ne veut pas dire solvable. C'est tout l'enjeu de la gestion de la trésorerie, qui tient à distance le risque le plus redouté d'une petite structure — l'illiquidité.
La fiche GPME E5.04 pose d'abord une distinction fondatrice : le résultat comptable mesure un enrichissement à la date de facturation, tandis que la trésorerie mesure les liquidités réellement disponibles, à la date de règlement. Une entreprise dont les clients paient à 60 jours pendant qu'elle règle ses fournisseurs à 30 jours peut voir sa trésorerie s'assécher malgré un bénéfice réel — jusqu'à la cessation des paiements, à déclarer sous 45 jours selon l'article L.631-1 du Code de commerce.
L'outil central est le budget de trésorerie : un tableau mensuel qui recense tous les encaissements et décaissements en TTC, placés à leur date de règlement — et non de facture, piège classique du gestionnaire débutant. Le plan de trésorerie applique une règle unique, solde initial + encaissements − décaissements = solde final, ce solde étant reporté chaque mois. Un cas pratique suit une PME de négoce dont le budget de mars bascule en position déficitaire à cause du règlement d'une machine coïncidant avec un creux saisonnier des ventes — repéré dès janvier, ce trou de trésorerie laisse deux mois pour réagir.
Face à un déficit, la fiche détaille les outils de financement à court terme (découvert, escompte, cession Dailly, affacturage) ; face à un excédent, les placements adaptés selon la règle sécurité > liquidité > rendement. Elle rappelle enfin qu'un investissement durable ne doit jamais être financé par la seule trésorerie courante — une cause fréquente d'illiquidité en PME.