Entre le moment où elle paie ses fournisseurs et celui où elle encaisse ses clients, une PME avance en permanence de l'argent. Mesurer ce besoin, couvrir le risque que le client ne paie pas et financer le cycle au meilleur coût : voilà le cœur du risque financier d'exploitation.
La fiche GPME E5.05 détaille le cycle d'exploitation — acheter, stocker, vendre, encaisser — et le décalage qu'il crée : ce besoin structurel porte un nom, le besoin en fonds de roulement (BFR), calculé comme (stocks + créances clients) − dettes fournisseurs. Ce besoin est couvert par le fonds de roulement net global (FRNG) ; ce qu'il ne couvre pas se lit dans la trésorerie nette (FRNG − BFR), signal d'alerte quand elle reste durablement négative. La fiche montre aussi comment agir sur les trois leviers du BFR, mesurés en jours : accélérer la rotation des stocks, réduire le délai clients, négocier des délais fournisseurs plus longs.
S'ajoute le risque client, sous deux formes : l'impayé (coûteux, puisqu'il faut réaliser un chiffre d'affaires bien supérieur pour le compenser) et la concentration sur un client unique. Le cadre légal des délais de paiement (loi LME, plafond de 60 jours ou 45 jours fin de mois) encadre ce risque, complété par des moyens de prévention concrets : acompte, assurance-crédit, clause de réserve de propriété.
Pour financer le cycle, la fiche détaille deux familles d'outils : les crédits souples (découvert, facilité de caisse, crédit de campagne) et la mobilisation des créances (escompte, cession Dailly, affacturage), en insistant sur le coût réel du crédit — le TAEG, qui seul permet de comparer deux offres. Un cas chiffré montre comment réduire le délai clients de 45 à 30 jours libère 20 000 € de trésorerie, sans emprunter un centime : le premier levier reste toujours de réduire le BFR avant de financer.