1994 : une agence de publicité supprime tous les bureaux attitrés pour économiser de la surface. Deux ans plus tard, elle fait marche arrière — le space planning ne se résume pas à calculer des mètres carrés.
Du bureau paysager au flex office
Le Quickborner Team, en Allemagne à la fin des années 1950, invente le Bürolandschaft (bureau paysager) ; Robert Propst conçoit pour Herman Miller l'Action Office en 1968, ancêtre du cubicle américain ; Erik Veldhoen, chez Interpolis au milieu des années 1990, théorise l'activity based working — l'espace organisé par activité plutôt que par poste attitré. Ces typologies (bureau paysager, open space, flex office) coexistent aujourd'hui selon les besoins de chaque organisation.
Mesurer avant de décider
Le space planning distingue la surface utile brute (SUB) de la surface utile nette (SUN) et se fonde sur un coefficient d'efficacité — mais surtout sur un taux d'occupation réel, mesuré par l'une des cinq méthodes que détaille la fiche, plutôt que supposé. La norme NF X 35-102 (AFNOR, 1998) recommande un ratio indicatif de 10 à 11 m² par personne, un repère à croiser avec l'usage réel constaté.
Confort : des seuils réglementaires précis
Le Code du travail fixe des seuils opposables sur l'air (art. R.4222-6), l'éclairage (art. R.4223-4) et le travail sur écran (art. R.4542-1). Joseph Allen (Harvard, Environmental Health Perspectives, 2016) a documenté l'effet mesurable de la qualité de l'air sur la performance cognitive — un argument qui dépasse le seul confort perçu.
Piloter un projet de réaménagement en sept étapes
Un projet de réorganisation des locaux suit sept étapes, du macro-zonage au micro-zonage, en s'appuyant sur le modèle du dégel/changement/regel de Kurt Lewin (1947) pour accompagner la transition. Le télétravail a changé l'équation économique de la surface — la règle dite « 3-30-300 » (coût du poste de travail, de l'immobilier et des salaires, popularisée par JLL) rappelle que la masse salariale reste, de loin, le premier poste de coût, la surface n'étant qu'un levier d'optimisation secondaire — l'échec du desk sharing total chez l'agence Chiat/Day en 1994 restant un cas d'école sur les limites d'une suppression trop brutale du bureau attitré.