Une entreprise existe-t-elle uniquement pour enrichir ses actionnaires, ou pour servir un ensemble plus large d'acteurs ? Derrière cette question se joue tout le débat sur la raison d'être de l'entreprise.
Finalité et objectifs : ne pas confondre
La finalité est la raison d'être profonde de l'entreprise, ce vers quoi elle tend durablement — le « pourquoi ». Les objectifs sont des cibles concrètes et datées à son service — le « combien, pour quand ». Une entreprise a une ou des finalités et de multiples objectifs.
Deux conceptions : Friedman contre Freeman
- La conception actionnariale (shareholder) — défendue par Milton Friedman : la finalité première est de réaliser du profit pour rémunérer les actionnaires qui ont pris le risque d'investir. La responsabilité sociale se limite à créer de la richesse en respectant les règles.
- La conception partenariale (stakeholder) — portée par Edward Freeman : l'entreprise doit prendre en compte l'ensemble de ses parties prenantes, et pas seulement ses actionnaires.
La finalité économique, condition de survie
La première finalité de toute entreprise est économique : créer de la valeur et être viable. Le profit n'est pas toujours une fin en soi, mais il est une condition de survie et un moyen : rémunérer les apporteurs de capitaux, investir, innover, constituer des réserves. La recherche de pérennité conduit d'ailleurs souvent à ne pas maximiser le profit à court terme.
Les parties prenantes et la performance globale
Salariés, clients, fournisseurs, actionnaires, État, société, environnement : ces parties prenantes ont des attentes parfois divergentes que le dirigeant doit concilier et arbitrer. La conception moderne tend vers une performance globale — économique, sociale et environnementale — et une création de valeur partagée (RSE, raison d'être).