Avant d'automatiser ou de réorganiser un processus, encore faut-il le voir. Le logigramme rend visible ce que personne ne décrit jamais complètement : la vraie séquence des étapes.
Un outil né en 1921, normalisé en 1985
Le logigramme (ou flowchart) est une représentation graphique des étapes d'un processus. Il est formalisé dès 1921 par Frank et Lillian Gilbreth, qui présentent à l'ASME le « Process Chart », première représentation normalisée d'un processus de travail. L'outil est étendu à l'informatique naissante dans les années 1950 (Goldstine, von Neumann), puis normalisé internationalement par l'ISO 5807 (1985). La notation BPMN 2.0 (OMG, 2011) l'étend pour l'automatisation informatique.
Les cinq symboles normalisés
Cinq symboles couvrent 90 % des besoins et garantissent une lecture universelle :
- Ovale (terminal) — début ou fin. Un logigramme n'a qu'un seul début, mais peut avoir plusieurs fins.
- Rectangle (activité) — une action effectuée par un acteur ; le symbole le plus fréquent.
- Losange (décision) — point de branchement avec au moins deux sorties.
S'y ajoutent les symboles de document et de flux, pour représenter l'information et sa circulation.
L'approche AS-IS / TO-BE
Couplé à la démarche AS-IS / TO-BE (« tel quel » / « à être »), le logigramme sert à diagnostiquer l'existant (AS-IS), concevoir la cible (TO-BE) et identifier les écarts par une gap analysis. Cette approche s'impose dans les années 1990 avec le Business Process Reengineering de Michael Hammer et James Champy (Reengineering the Corporation, 1993). Elle est aujourd'hui le cadre standard de toute transformation de processus.
Documenter, diagnostiquer, concevoir, automatiser
Le logigramme sert à documenter (capitaliser le savoir tacite), diagnostiquer (repérer goulots, doublons, tâches sans valeur ajoutée), aligner (clarifier les responsabilités entre services) et automatiser (servir de spécification pour un projet IT ou BPM). On le mobilise pour une digitalisation (ERP, CRM), une certification ISO 9001, la phase Mesure d'un DMAIC, une intégration post-fusion ou l'onboarding.