Dès qu'on délègue, on prend un risque : celui que l'autre agisse dans son intérêt, pas dans le vôtre. La théorie de l'agence explique pourquoi — et comment la gouvernance tente d'y remédier.
Le problème principal-agent
Formalisée par Michael Jensen et William Meckling en 1976 (Theory of the Firm, Journal of Financial Economics), la théorie de l'agence modélise toute relation de délégation comme un contrat entre un principal (mandant) et un agent (mandataire) doté d'une autonomie d'action. Elle prolonge Berle & Means (1932) sur la séparation propriété/contrôle et Coase (1937) sur la nature de la firme. Trois conditions structurent la relation :