Une opération commerciale ne se résume jamais à une facture isolée : elle laisse une piste documentaire complète — devis, commande, livraison, facturation, règlement — dont chaque pièce doit être contrôlée avant tout enregistrement. C'est cette chaîne, et le contrôle qui la sécurise, que déroule cette fiche.
Deux cycles en miroir
Le cycle client (devis émis, bon de commande reçu, livraison, facture de vente, règlement encaissé) est rigoureusement symétrique au cycle fournisseur vu de l'autre côté. Seule la facture déclenche l'écriture comptable : devis et bon de commande ne sont que des engagements, sans traduction comptable immédiate.
Le rapprochement à trois voies
Le contrôle de référence confronte trois pièces produites par trois acteurs distincts — le service achats (commande), le magasin (réception), le fournisseur (facture) — pour détecter les écarts de prix, de quantité, ou les facturations sans contrepartie réelle. C'est ce triple contrôle qui protège contre la facturation fictive et le double paiement.
Réductions en cascade et délais encadrés
Rabais, remise et ristourne (réductions commerciales) ne sont jamais comptabilisés lorsqu'ils figurent sur la facture : seul le net commercial est enregistré, chaque réduction s'appliquant sur le net obtenu à l'étape précédente, jamais sur le brut. L'escompte de règlement, lui, est toujours comptabilisé. Sur le cas de la SAS Aubertin Matériaux, une commande de 18 000 € HT, après 5 % puis 2 % de remises en cascade et 1,5 % d'escompte, aboutit à un net à payer TTC de 19 987,96 €. Les délais de paiement sont plafonnés par l'article L441-10 du code de commerce : 30 jours à défaut de stipulation, 60 jours après émission, ou 45 jours fin de mois par dérogation contractuelle expresse, sous peine de pénalités et d'une indemnité forfaitaire de 40 €.