Le compte 512 tenu par l'entreprise et le relevé adressé par la banque décrivent la même trésorerie et ne concordent pourtant presque jamais. Expliquer chaque écart, équilibrer l'état et ne passer que les écritures qui s'imposent : c'est ce contrôle qui donne au poste « Disponibilités » sa valeur probante.
Le principe de réciprocité
Les deux comptes sont le miroir l'un de l'autre : ce que l'entreprise porte au débit, la banque le porte au crédit, et inversement. Sur un relevé présenté du point de vue de la banque, la colonne « Crédit » correspond donc aux encaissements de l'entreprise — une règle contre-intuitive mais essentielle avant tout pointage.
Trois familles d'écarts, deux traitements
Les décalages d'enregistrement (chèque émis non encore présenté) sont normaux et ne donnent jamais lieu à écriture : ils sont déjà comptabilisés côté entreprise. Les opérations connues de la seule banque (frais, agios, prélèvements, virements reçus, chèques impayés) manquent réellement dans les livres et doivent être enregistrées. Les erreurs, enfin, se traitent différemment selon leur origine : une erreur de l'entreprise se corrige par une écriture, une erreur de la banque se signale et se fait corriger par elle, sans jamais être comptabilisée.
Cinq étapes, un contrôle final
La méthode se déroule en cinq temps : pointer ligne à ligne par montant, isoler et qualifier les écarts, construire l'état en deux colonnes, vérifier l'égalité des soldes rapprochés, puis comptabiliser la seule colonne de l'entreprise. Sur le cas de la SARL Ferrand Distribution, un solde comptable de 8 462 € et un solde bancaire de 11 076 € se rejoignent après traitement à 8 966 € de part et d'autre — validant six écritures de régularisation (virement reçu, prélèvement, chèque impayé, frais, agios, correction d'erreur) et laissant de côté deux chèques en circulation et une erreur bancaire, qui ne donnent lieu à aucune écriture.