Compter, évaluer, rattacher : l'inventaire transforme une comptabilité de flux en une image fidèle du patrimoine à la clôture. L'article L123-12 du code de commerce impose de contrôler, au moins une fois tous les douze mois, l'existence et la valeur des éléments actifs et passifs — deux exigences distinctes qu'un stock présent mais invendable ne satisfait qu'à moitié.
Les stocks entrent au bilan au coût d'acquisition (biens achetés) ou au coût de production (biens fabriqués), toujours hors taxe déductible et toujours hors quote-part de sous-activité, qui reste une charge de l'exercice. Pour les sorties, seuls deux modes sont admis : le coût unitaire moyen pondéré (CUMP) et le premier entré, premier sorti (PEPS) — le dernier entré, premier sorti est interdit en France. En inventaire intermittent, organisation de la grande majorité des entreprises, deux écritures suffisent chaque année : annuler le stock initial, puis constater le stock final, via les comptes 603 (stocks achetés, en charges) ou 713 (stocks produits, en produits).
Stock ou créance : deux logiques de dépréciation à ne pas confondre
Un stock se déprécie lorsque sa valeur nette de réalisation — prix de vente estimé diminué des coûts d'achèvement et de commercialisation — devient inférieure à son coût. En inventaire intermittent, la dépréciation du stock initial est intégralement reprise, et une dépréciation entièrement nouvelle est dotée sur le stock final : on ne raisonne jamais par ajustement du solde antérieur, contrairement aux créances. Une créance devient douteuse dès que son recouvrement est incertain : elle est virée au compte 416 pour son montant toutes taxes comprises, puis dépréciée sur son seul montant hors taxes — car la TVA sera récupérée (CGI, art. 272) en cas de perte définitive.
Rattacher ce qui n'a pas encore de facture
Le cas pratique de la SARL Vosges Distribution, qui suit trois clients douteux sur trois exercices, montre que le mécanisme de dépréciation ne modifie pas le montant total de la charge : il la répartit sur les exercices où le risque devient probable. Les comptes 408, 418, 4098 et 4198 rattachent enfin à l'exercice les factures non parvenues, les factures à établir et les avoirs attendus, tandis que les créances et dettes en devises sont réévaluées au cours de clôture via les comptes 476 et 477.