Le bilan, le compte de résultat et l'annexe forment un tout indissociable (C. com., art. L123-13), extrait d'un seul document de travail : la balance après inventaire. Les soldes des comptes des classes 1 à 5 alimentent le bilan, ceux des classes 6 et 7 le compte de résultat — aucun solde n'échappe à ce tri, ce qui permet un contrôle réflexe puissant : le résultat doit se retrouver identique par produits moins charges et par actif net moins capitaux propres antérieurs, provisions et dettes.
L'actif du bilan se lit sur trois colonnes — brut, amortissements et dépréciations, net — mais seule la colonne « net » est totalisée et comparée au passif. Le compte de résultat, présenté en liste, enchaîne quatre résultats intermédiaires : le résultat d'exploitation, le résultat financier, leur somme (résultat courant avant impôts), puis le résultat exceptionnel, avant le résultat net après participation et impôt.
Le règlement ANC n° 2022-06 déplace la performance
Applicable aux exercices ouverts depuis le 1er janvier 2025, ce règlement réserve désormais le résultat exceptionnel aux seuls événements majeurs et inhabituels. Conséquence directe : les cessions d'immobilisations, autrefois logées aux comptes 675/775, basculent en résultat d'exploitation via les comptes 657 et 757. Le cas pratique de la SAS Belfort Composites le montre : la cession d'un matériel qui aurait généré une plus-value exceptionnelle de 3 000 € sous l'ancien plan améliore désormais directement le résultat d'exploitation, sans changer le résultat net final — mais en modifiant l'excédent brut d'exploitation et tous les ratios qui en découlent.
Trois systèmes, des seuils relevés en 2024
Trois systèmes de présentation coexistent — abrégé, de base, développé — selon des seuils fixés à l'article D123-200 du code de commerce et relevés de 25 % par le décret n° 2024-152 du 28 février 2024 (micro-entreprise : 450 000 € · 900 000 € · 10 salariés ; petite entreprise : 7 500 000 € · 15 000 000 € · 50 salariés). L'annexe, troisième état à part entière et non facultative, obéit au principe d'importance relative et se compose de trois blocs : règles et méthodes comptables, compléments au bilan et au compte de résultat, engagements hors bilan et événements postérieurs.