Au 31 décembre, il faut trancher : cet euro appartient-il à l'exercice qui s'achève ou à celui qui commence ? Le principe d'indépendance des exercices (PCG, art. 513-4) impose de rattacher à chaque exercice les charges et les produits qui le concernent, quelle que soit la date de la facture ou du règlement — et le décalage entre le fait générateur comptable et le document justificatif est la source unique de tous les ajustements.
Ce décalage joue dans deux sens, produisant exactement quatre écritures possibles. Lorsque le fait est intervenu mais que le document manque, il faut créer une charge à payer (comptes 408, 428, 438, 448 selon le tiers, avec TVA en 44586) ou un produit à recevoir (comptes 418, 4387, 4487, avec TVA en 44587). Lorsque le document existe déjà mais couvre une période qui déborde sur l'exercice suivant, il faut retirer du résultat la fraction excédentaire, via une charge constatée d'avance (compte 486, actif) ou un produit constaté d'avance (compte 487, passif) — toujours calculée hors taxes, au prorata temporis.
Le compte d'attente, un outil de saisie jamais un compte de bilan
Les comptes 471 et 472 logent provisoirement une opération non identifiée, mais l'article 512-2 du PCG impose de les apurer, au plus tard, à la clôture de l'exercice : un solde résiduel non expliqué se vire en 7718 (produit) ou 6718 (charge), en documentant la recherche menée. S'y ajoutent les intérêts courus non échus sur emprunts (compte 1688) et sur placements (compte 5088), calculés au prorata temporis sur le capital restant dû.
Le cas pratique Ardennes Équipements
Six ajustements — électricité non facturée, assurance payée d'avance, livraison non facturée, maintenance encaissée d'avance, intérêts courus, provision pour litige prud'homal — font varier le résultat provisoire de 84 500 € à 77 000 €, soit près de 9 % à la baisse, sans qu'aucun flux de trésorerie nouveau ne soit intervenu : la preuve la plus nette que le résultat comptable n'est pas la trésorerie.