Un forfait à la place d'une comptabilité, trois grilles de seuils qui ne coïncident jamais, et au bout de la chaîne l'avis d'imposition du dirigeant.
Trois régimes, un seul curseur : le chiffre d'affaires
Le régime d'imposition d'une TPE dépend uniquement du chiffre d'affaires hors taxes des deux années précédentes, jamais du bénéfice. Pour les revenus 2026 à 2028, le régime micro s'applique jusqu'à 203 100 € (ventes, hébergement) ou 83 600 € (services BIC et BNC). Le bénéfice imposable y est égal aux recettes encaissées diminuées d'un abattement forfaitaire — 71 % pour les ventes, 50 % pour les prestations de services BIC, 34 % pour les BNC — qui remplace toute déduction réelle : aucune charge, aucun amortissement, aucune cotisation sociale n'est déductible en plus. Au-delà, le régime réel simplifié s'applique jusqu'à 945 000 € et 286 000 €, avec une comptabilité d'engagement complète mais une liasse allégée (tableau 2033-B).
Le versement libératoire et les seuils qui ne coïncident pas
Sur option, le micro-entrepreneur peut régler son impôt sur le revenu directement à l'Urssaf : c'est le versement libératoire, à 1 %, 1,7 % ou 2,2 % du chiffre d'affaires encaissé, réservé aux foyers dont le revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année n'excède pas 29 315 € par part. Attention : les seuils du micro-fiscal, ceux de la franchise en base de TVA (85 000 € et 37 500 €) et ceux du régime micro-social sont trois grilles totalement indépendantes — une entreprise peut rester au micro tout en étant redevable de la TVA.
De la recette encaissée à l'impôt du foyer
Le bénéfice de la TPE n'est que le premier maillon d'une chaîne qui se termine sur l'avis d'imposition du dirigeant : il s'ajoute aux autres revenus du foyer fiscal (CGI, art. 6), est divisé par le nombre de parts de quotient familial, soumis au barème progressif à cinq tranches (0 %, 11 %, 30 %, 41 %, 45 % pour les revenus de 2025), puis corrigé par la décote qui allège l'impôt des foyers modestes. Comparer chiffré micro et réel — assiette, impôt, cotisations sociales cumulées — est le cœur du conseil que rend le comptable à un entrepreneur individuel.