Un investissement rentable mal financé ruine son porteur aussi sûrement qu'un investissement non rentable. Une fois la rentabilité d'un projet établie, reste à répondre à une seconde question, entièrement distincte : avec quel argent ?
La règle d'équilibre
Un emploi stable se finance par une ressource stable : c'est la règle qui gouverne tout. Trois familles de ressources stables s'offrent à l'entreprise : les financements propres (autofinancement, augmentation de capital, subventions), l'endettement (emprunt indivis ou obligataire) et la location-financement (crédit-bail). Le coût d'un financement se mesure toujours après impôt : un emprunt à 4,50 % coûte réellement 3,375 % à une société imposée à 25 %.
Emprunt ou crédit-bail : un arbitrage chiffré
Sur le cas pratique de la SAS BELVANE, la comparaison des décaissements nets d'impôt actualisés à 6 % donne l'avantage à l'emprunt (431 147 €) sur le crédit-bail (442 832 €), soit un écart de 1,95 % du prix du bien — une différence réelle, mais qui peut être compensée par des critères non financiers : garanties exigées, préservation de la capacité d'endettement, protection contre l'obsolescence.
Vérifier que le montage tient : le plan de financement
Un projet peut être très rentable sur cinq ans et impossible à financer la deuxième année. Le plan de financement, tableau pluriannuel confrontant emplois et ressources durables, est le seul document qui fait apparaître ce décrochage — et la pièce centrale de tout dossier bancaire.