Le bilan comptable classe les postes par nature juridique et par échéance. Le bilan fonctionnel les reclasse par cycle — investissement, financement, exploitation — pour répondre à une question différente : l'entreprise finance-t-elle durablement son activité ?
Quatre masses, en valeurs brutes
Emplois stables et ressources stables forment le haut du bilan ; actif circulant et passif circulant le bas ; la trésorerie ferme chaque colonne. L'actif est retenu en valeurs brutes, et les amortissements rejoignent les ressources stables, où ils figurent comme un autofinancement déjà réalisé. Une série de retraitements précède le classement : le crédit-bail réintégré comme un investissement financé par emprunt, les effets escomptés non échus réintégrés en créances clients et en trésorerie passive, les concours bancaires courants exclus des dettes financières.
Trois soldes, une identité
Le fonds de roulement net global (FRNG) se calcule indifféremment par le haut ou par le bas du bilan — la concordance des deux formules est le premier contrôle à poser. Le besoin en fonds de roulement (BFR) se décompose en une part d'exploitation, structurelle, et une part hors exploitation, volatile. La relation TN = FRNG − BFR n'est pas une formule à mémoriser, c'est une identité comptable toujours vraie. Sur le cas pratique de la SAS LORVAL, un fonds de roulement positif de 465 000 € ne couvre qu'à 90,5 % un besoin de 514 000 € : la trésorerie nette bascule à − 49 000 €, financée par du découvert et de l'escompte.
Six situations, aucune bonne ou mauvaise en soi
Un fonds de roulement négatif est pathologique dans l'industrie et parfaitement normal dans la grande distribution. Le diagnostic se construit toujours par comparaison sectorielle et par évolution dans le temps, jamais sur un signe isolé.