Un ratio isolé ne diagnostique rien. Sa valeur ne vient jamais de son niveau absolu mais de deux comparaisons : dans le temps, sur trois exercices au moins, et dans l'espace, avec les entreprises du même secteur.
Quatre familles de ratios
Les ratios de structure financière disent comment l'entreprise est financée (autonomie financière, taux d'endettement, capacité de remboursement) ; les ratios de liquidité mesurent la couverture des dettes à court terme ; les ratios de rotation convertissent les postes du bas de bilan en jours d'activité (stocks, délai clients, délai fournisseurs) ; les ratios de rentabilité opposent la rentabilité économique, indépendante du financement, à la rentabilité financière, qui inclut l'effet de la dette.
L'effet de levier, dans les deux sens
La formule à connaître : Rf = [Re + (Re − i) × D/CP] × (1 − t). Tant que la rentabilité économique dépasse le coût de la dette, l'endettement enrichit l'associé ; dès que l'écart s'inverse, le même mécanisme devient un effet de massue qui détruit les capitaux propres d'autant plus vite que le bras de levier est long. Sur le cas pratique de la SAS ARMONT, la rentabilité financière recule de 11,94 % à 8,40 % en un exercice, sous l'effet combiné d'une marge qui s'érode et d'un endettement qui s'alourdit — ce que révèle la décomposition de Du Pont en trois facteurs : marge, rotation de l'actif, levier financier.
La cohérence, avant tout
Un délai client se calcule toujours en rapprochant des créances toutes taxes comprises d'un chiffre d'affaires toutes taxes comprises, effets escomptés non échus inclus. Une erreur de base fausse le délai d'environ 20 %.