Le compte de résultat classe les charges et les produits par nature comptable, sans jamais dire où l'entreprise gagne réellement son argent. Les soldes intermédiaires de gestion (SIG) transforment cette liste en neuf étapes économiques successives, de la marge commerciale au résultat de l'exercice.
Neuf soldes, une seule cascade
Chaque solde répond à une question précise : la marge commerciale mesure la performance du négoce, la valeur ajoutée la richesse créée par l'entreprise elle-même, et l'excédent brut d'exploitation (EBE) la performance du seul métier, avant amortissement, financement et fiscalité. Le cas pratique de la fiche, la SARL ARBOLIA, illustre ce mécanisme sur deux exercices : un chiffre d'affaires en hausse de 8,8 % coexiste avec un résultat courant en baisse de 32,4 % — un effet de ciseau qui se creuse à chaque étage de la cascade et qu'il faut savoir localiser étage par étage.
Retraiter pour comparer
Trois retraitements rendent les entreprises comparables entre elles :
- le crédit-bail, traité comme un investissement financé par emprunt ;
- le personnel extérieur (intérim), reclassé en charges de personnel ;
- les subventions d'exploitation qui complètent un prix de vente contraint.
La valeur ajoutée se partage ensuite entre cinq bénéficiaires — personnel, État, prêteurs, associés et entreprise elle-même — une grille de lecture qui révèle en quelques pourcentages le modèle économique et le rapport de force interne d'une entreprise.
Une réforme récente à maîtriser
Le règlement ANC n° 2022-06, applicable aux exercices ouverts depuis le 1er janvier 2025, a supprimé le modèle réglementaire du tableau des SIG et resserré le périmètre du résultat exceptionnel : les cessions courantes d'immobilisations basculent désormais en exploitation, aux comptes 757 et 657. Le raisonnement économique reste identique, seuls les numéros de comptes changent — un point que les sujets d'examen exploitent régulièrement.