Le bilan dit où l'entreprise en est ; le tableau de financement dit comment elle y est arrivée. Deux parties, une seule variation de fonds de roulement, et une convention de signes qui coûte plus de points que tout le reste.
Deux parties, une même variation
La première partie confronte les emplois stables de l'exercice (dividendes versés, acquisitions d'immobilisations, remboursements de dettes financières) aux ressources durables (capacité d'autofinancement, cessions, augmentation de capital, nouvelles dettes). L'écart est la variation du fonds de roulement net global. La seconde partie explique cette même variation par le bas du bilan, poste par poste classé en besoin ou en dégagement. Les deux parties donnent le même montant en sens inverse — ce n'est pas une coïncidence, c'est l'identité du bilan fonctionnel écrite en variations, et le contrôle qui valide tout le travail.
Six précautions qui décident du résultat
Trois d'entre elles pèsent le plus lourd : raisonner en montants bruts et non en variations de postes nets, retenir les cessions au prix de cession et non à la valeur nette comptable, exclure les concours bancaires courants des dettes financières. Sur le cas pratique de la SAS ARDENNE MÉTAL, une ressource nette de 88 000 € en première partie se retrouve exactement en emploi net de 88 000 € en seconde partie — la concordance est établie, mais elle révèle un effet de ciseaux : le besoin en fonds de roulement progresse de 51,8 % quand le chiffre d'affaires ne progresse que de 20 %.
Une obligation légale encore en vigueur
L'article L. 232-2 du code de commerce impose ce tableau aux sociétés dépassant 300 salariés ou 18 M€ de chiffre d'affaires, indépendamment des évolutions du plan comptable général.