Une entreprise rentable peut mourir de trésorerie. Le tableau des flux de trésorerie abandonne le fonds de roulement pour l'argent réellement encaissé, range tous les mouvements en trois fonctions, et se conclut sur un montant que l'on peut rapprocher d'un relevé bancaire.
Trois fonctions économiques
Tous les mouvements de l'exercice se classent en flux liés à l'activité, flux d'investissement et flux de financement. Leur somme algébrique est la variation de la trésorerie — le seul agrégat de l'analyse financière que l'on puisse vérifier auprès d'un tiers, contrairement au fonds de roulement, qui n'est jamais qu'une différence calculée entre deux masses de bilan.
Le flux net de trésorerie généré par l'activité
C'est le cœur du document : il part de la capacité d'autofinancement, puis la corrige de la variation du besoin en fonds de roulement lié à l'activité. Sur le cas pratique de la SAS BEAUMONT HYDRO, une CAF de 474 000 € ne se traduit que par un flux net d'activité de 302 000 € — l'écart de 172 000 € est exactement ce que le cycle d'exploitation a immobilisé. L'excédent de trésorerie d'exploitation (ETE), égal à l'EBE diminué de la variation du BFR d'exploitation, complète le diagnostic : ici, il ne représente que 70,97 % de l'EBE, signe que près de trois euros de richesse sur dix restent immobilisés dans le cycle.
Huit profils, un cycle de vie
La combinaison des signes des trois flux se lit comme un diagnostic instantané : le profil + − + décrit une croissance financée par des tiers, le profil + − − la maturité rentable, le profil − + − le déclin. Sur BEAUMONT HYDRO, la trésorerie progresse de 64 000 € — mais cette amélioration ne doit rien à l'exploitation : elle est le résidu d'un financement externe supérieur au besoin de l'exercice.