Une entreprise rentable peut faire faillite faute de trésorerie. Comment lire la santé financière d'une organisation au-delà du seul chiffre d'affaires ?
Trois questions, trois visages
La santé financière a plusieurs dimensions distinctes, parfois en tension. Les confondre, c'est mal lire une situation :
- Rentabilité — gagne-t-on de l'argent, et combien ?
- Liquidité — a-t-on de quoi payer maintenant ?
- Structure / solvabilité — l'entreprise est-elle solide à terme ?
On peut être rentable mais manquer de trésorerie, ou croître vite en fragilisant sa structure. Les lire ensemble est indispensable.
La rentabilité, étage par étage
La rentabilité se lit à plusieurs niveaux :
- Marge brute — (ventes − coût des ventes) ÷ ventes : la profitabilité du cœur d'activité, après les coûts directs
- EBE / EBITDA — l'excédent brut d'exploitation : la rentabilité de l'exploitation, avant éléments financiers, exceptionnels et amortissement
- Résultat net / marge nette — le bénéfice final, après tout, rapporté au CA
- ROE / ROCE — la rentabilité des capitaux propres / des capitaux engagés
La liquidité : cash is king
La liquidité se suit par la trésorerie et le besoin en fonds de roulement (BFR). Le principe : « cash is king ». Une entreprise rentable sur le papier peut se retrouver en cessation de paiement si elle manque de trésorerie au bon moment. Un chef de projet qui connaît le BFR anticipe les besoins de trésorerie.
La structure et un langage commun
La solidité à terme se mesure par l'endettement et l'autonomie financière. Cette culture financière de base n'est pas réservée aux financiers : un commercial qui comprend la marge négocie mieux, un manager qui lit un compte de résultat dialogue d'égal à égal avec sa direction. Elle constitue un langage commun de l'entreprise. Ces repères restent une sensibilisation : pour des décisions concrètes, l'expertise d'un professionnel (comptable, contrôleur de gestion) reste indispensable.