Selon les chercheurs de Harvard, notre esprit est ailleurs près de la moitié du temps. Et « un esprit qui vagabonde est un esprit malheureux ». La pleine conscience propose de revenir, tout simplement, au présent.
La définition de Jon Kabat-Zinn
La pleine conscience (mindfulness) est définie par Jon Kabat-Zinn comme « le fait de porter son attention, intentionnellement, au moment présent, sans jugement ». Trois éléments la composent : l'attention (être présent à ce qui est), l'intention (le faire volontairement) et le non-jugement (accueillir l'expérience telle qu'elle est, sans la classer en bien ou mal).
Un entraînement, pas une croyance
Issue de traditions méditatives anciennes, la pleine conscience en a été extraite et laïcisée pour un usage profane validé scientifiquement. Kabat-Zinn a créé dans les années 1970 le programme MBSR (réduction du stress basée sur la pleine conscience), aujourd'hui étudié dans les hôpitaux, écoles et entreprises. Ce n'est ni une religion, ni une pratique ésotérique.
Trois malentendus à lever
- Ce n'est pas « faire le vide » dans sa tête (impossible) : c'est observer ce qui s'y passe sans s'y accrocher
- Ce n'est pas une simple relaxation : le but n'est pas de fuir le réel mais d'y être présent
- Ce n'est pas de la pensée positive : on accueille aussi l'inconfort, sans le chasser
Sortir du pilote automatique
L'étude de Killingsworth et Gilbert (Harvard) montre que l'esprit vagabonde près de la moitié du temps, ce qui est associé à une moindre satisfaction. Une grande partie de nos journées se déroule en « pilote automatique ». La pleine conscience se pratique de façon formelle (méditation, respiration, scan corporel) et informelle (manger, marcher, écouter en conscience) — et, comme un muscle, se développe par la pratique.