Qui influence qui, et qui soutient quoi ? Quand les jeux de pouvoir deviennent trop complexes pour l'intuition, MACTOR met des chiffres sur les rapports de force.
Une méthode née de l'école française de prospective
MACTOR (Méthode d'Analyse des rapports de force entre ACTeurs et d'évaluation de leurs convergences et divergences sur des Objectifs et Recommandations) est développée par Michel Godet au LIPSOR (CNAM) entre 1989 et 1994, et publiée dans le Manuel de prospective stratégique (Dunod, 1997). Elle s'inscrit dans la tradition française de prospective héritée de Gaston Berger, Bertrand de Jouvenel et Pierre Massé, aux côtés d'autres outils de l'école : MICMAC, MORPHOL, SMIC. Elle est utilisée par EDF, Renault, SNCF, Michelin, l'OCDE et la Commission européenne.
Ce que MACTOR ajoute à Freeman et Mitchell
Là où la cartographie des parties prenantes reste qualitative, MACTOR quantifie. Elle mesure deux choses : (1) les rapports de force entre acteurs (qui influence qui), et (2) leurs positions sur des enjeux stratégiques (qui soutient ou combat quoi).
- Freeman — recensement et typologie qualitatifs des parties prenantes ;
- Mitchell (salience) — hiérarchisation par trois attributs ;
- Mendelow (Pouvoir × Intérêt) — matrice 2×2 opérationnelle ;
- MACTOR — approche quantitative et systémique des influences réciproques.
Des cartes d'alliances et d'oppositions
La méthode produit deux cartes de synthèse — convergences et divergences d'acteurs — qui éclairent les alliances possibles, les conflits inévitables et les positions tactiques. Le graphe final représente chaque acteur par un cercle (taille proportionnelle à son pouvoir), relie en vert les alliances et en rouge les oppositions. Elle sert à quantifier des rapports de force intuitifs, identifier les alliés mobilisables, anticiper les conflits irréductibles, révéler les acteurs pivots et alimenter les variables « acteurs » des méthodes de scénarios.