Une décision aujourd'hui déclenche des conséquences qui en déclenchent d'autres. Comment explorer ces enchaînements et se préparer à des futurs qu'on ne peut pas prédire ?
Le Future Wheel : les conséquences en cascade
Le Future Wheel (« roue du futur ») est créé en 1972 par Jerome C. Glenn au Committee for the Future, puis diffusé par la World Future Society. On place l'événement déclencheur au centre, puis on fait émerger en cercles successifs les conséquences directes (1er ordre), puis les conséquences de ces conséquences (2e ordre, 3e ordre…). Simple et participative, la méthode produit en 2-3 heures une vision riche des implications d'une décision ou d'une rupture. Glenn est aussi le fondateur du Millennium Project, think tank sur les défis globaux du XXIe siècle.
La méthode des scénarios : née chez Shell
La méthode des scénarios naît dans le département prospective de Shell dans les années 1970, sous l'impulsion de Pierre Wack. Ses scénarios permettent à Shell d'anticiper le choc pétrolier de 1973 et d'en sortir renforcée. Elle est popularisée par Peter Schwartz (The Art of the Long View, 1991), fondateur du Global Business Network. La méthode construit plusieurs récits contrastés sur 10-30 ans à partir d'hypothèses différentes sur les variables motrices.
Deux écoles complémentaires
- École anglo-saxonne (Schwartz, GBN) — privilégie la narration et la construction de récits ;
- École française (Michel Godet, LIPSOR/CNAM) — sous le nom de « prospective stratégique », insiste sur les jeux d'acteurs et la quantification.
Ensemble, ces outils servent à anticiper les conséquences non évidentes, libérer la pensée du biais du présent, détecter les signaux faibles et tester la robustesse d'une décision face à plusieurs futurs — investissements lourds, ruptures technologiques (IA, hydrogène), crises.