Quatre agrégats, deux assiettes plafonnées, un abattement de 1,75 % et une réduction générale entièrement refondue en 2026 : le bulletin de paie est le document le plus normé de l'entreprise, et sa lecture ne s'improvise pas.
Un document juridique aux mentions strictement encadrées
Le bulletin de paie n'est pas un simple justificatif de paiement : son contenu est fixé de façon limitative par l'article R3243-1 du code du travail, et deux mentions y sont expressément interdites — l'exercice du droit de grève et l'activité de représentation du personnel (art. R3243-4). Le nouveau modèle de bulletin clarifié, qui regroupe les cotisations par risque couvert, est obligatoire depuis le 1er janvier 2026. Le montant net social, obligatoire depuis le 1er juillet 2023, est le revenu net de tous les prélèvements sociaux obligatoires : il sert de référence commune pour la prime d'activité et le RSA, et se distingue à la fois du net imposable et du net à payer.
Des assiettes en tranches et des taux qui évoluent
Les cotisations se calculent sur des assiettes distinctes : totalité du brut pour certaines, tranche 1 dans la limite du plafond mensuel de la sécurité sociale (4 005 € en 2026), tranche 2 jusqu'à huit plafonds, assiette de CSG-CRDS abattue de 1,75 %. Au 1er janvier 2026, la cotisation patronale d'assurance vieillesse déplafonnée est portée à 2,11 %, et les taux réduits d'assurance maladie et d'allocations familiales sont supprimés pour le régime de droit commun : les taux pleins de 13,00 % et 5,25 % s'appliquent désormais à toutes les rémunérations.
La réduction générale dégressive unique et le prélèvement à la source
La réduction générale des cotisations patronales a été refondue en une réduction générale dégressive unique (RGDU), applicable jusqu'à trois SMIC, avec un coefficient maximal de 0,3981 ou 0,4021 selon le taux du Fnal et un plancher de 0,0200. Fait notable pour 2026 : le décret n° 2026-509 du 12 juin 2026 a gelé pour toute l'année le SMIC de référence servant au calcul, à sa valeur du 1er janvier — un salarié payé exactement au SMIC réel de juin ne bénéficie donc plus du coefficient maximal. Le prélèvement à la source, enfin, s'applique sur le net imposable, jamais sur le net à payer, au taux personnalisé transmis par l'administration fiscale ou, à défaut, selon la grille de taux par défaut ajustée au 1er mai 2026.