Deux chefs de projet également talentueux, deux résultats opposés : l'un livre, l'autre échoue. Souvent, la différence tient à un seul choix fait au départ — celui du cycle de vie. Se tromper d'approche, c'est se condamner quel que soit le talent d'exécution.
Les cinq phases génériques d'un projet
Un projet, selon le PMI (Project Management Institute), est « un effort temporaire entrepris pour créer un produit, service ou résultat unique » : il a un début et une fin, produit un livrable nouveau et mobilise des ressources contraintes. Quel que soit le secteur, on retrouve cinq phases canoniques :
- Initiation — idée, business case, décision Go/No-Go, charte projet.
- Planification — WBS, planning Gantt, budget, registre des risques.
- Exécution — production effective des livrables.
- Pilotage / Contrôle — suivi des écarts, gestion des changements ; phase parallèle à l'exécution.
- Clôture — recette (VABF, VSR), REX, transfert au support.
Les quatre familles de cycles de vie
- Prédictif (« cascade » / waterfall) — tout est planifié à l'avance, le périmètre est figé tôt.
- Itératif et incrémental — le produit est affiné progressivement par cycles.
- Adaptatif (Agile) — réponse à l'incertitude par des livraisons fréquentes.
- Hybride — combine les approches.
Aucun cycle n'est universellement supérieur
Le choix dépend du degré d'incertitude sur le besoin et sur la solution technique : à quel moment le périmètre est-il figé ? Les familles se différencient précisément par leur réponse à cette question.
Les trois grands référentiels mondiaux
Trois cadres coexistent et convergent désormais : PMI/PMBOK (USA), PRINCE2 (UK) et l'Agile (Manifeste, 2001). Le PMBOK 7ᵉ édition (2021) intègre les approches adaptatives, et la plupart des organisations matures pratiquent aujourd'hui l'hybridation. Maîtriser le cycle de vie est la première compétence du chef de projet.