Le jeu en vaut-il la chandelle ? Et sur quelles bases engage-t-on le projet ? Ce sont deux questions différentes — et c'est pourquoi le cadrage produit deux documents, pas un seul.
Deux documents, deux fonctions
Le business case justifie économiquement le projet (« pourquoi le faire ? »). La charte projet l'autorise officiellement (« sur quelles bases on l'engage ? »). Ils reflètent deux moments décisionnels et deux audiences différents : le business case précède la charte, il instruit la décision d'investir ; la charte vient ensuite et encadre la mise en œuvre.
Le business case : justifier
- Audience — direction financière (DAF) et COMEX.
- Contenu — analyse des options, chiffrage des coûts et bénéfices, calcul de la NPV, du TRI et du payback.
- Format — 10 à 30 pages plus un modèle Excel.
- Cycle de vie — document vivant, actualisé à chaque jalon majeur ; il peut justifier la poursuite, l'ajustement ou l'arrêt du projet.
La charte projet : autoriser
Définie par le PMI comme « le document émis par le commanditaire qui autorise formellement l'existence du projet et donne au chef de projet l'autorité d'utiliser les ressources de l'organisation ». C'est un document court (2 à 5 pages, jusqu'à 10 pour les projets complexes), normalisé et signé. Elle joue trois rôles cumulatifs :
- Autorisation — elle officialise le projet et la nomination du chef de projet.
- Référence — elle fixe les engagements initiaux ; une fois signée, elle devient le contrat de référence, modifié seulement par avenant.
- Communication — elle sert de « pitch » aux parties prenantes absentes du cadrage.
La séquence type
Business case « léger » en phase d'opportunité, puis enrichissement du business case et rédaction de la charte au cadrage approfondi. Au Go/No-Go, le COMEX valide le business case (engagement financier) et le sponsor signe la charte (engagement opérationnel). En clôture, un bilan compare les bénéfices réels à ceux promis (revue post-implémentation, 12 à 24 mois après).