Scrum est-il vraiment la seule façon d'être agile ? Quand les demandes arrivent de façon imprévisible, un sprint figé devient un carcan. Trois logiques de flux existent : à vous de choisir la bonne.
Trois philosophies du flux
- Scrum — cadence par itérations fixes (sprints de 1 à 4 semaines) et gèle le périmètre pendant le sprint. Idéal pour le développement produit avec une roadmap stable.
- Kanban — privilégie le flux continu, sans itération imposée, limite la quantité de travail simultané et optimise le Cycle Time. Idéal pour le support, la maintenance ou les opérations à arrivée imprévisible.
- Scrumban — l'hybride pragmatique formalisé par Corey Ladas en 2008 : sprints + WIP limits + flux pull à l'intérieur du sprint. Idéal pour les équipes mixtes ou en transition.
Kanban, un héritage Toyota
Le mot kanban (看板) signifie « panneau visuel » ou « étiquette ». Dans le Toyota Production System de Taiichi Ohno (années 1950), une carte physique circule entre postes : pas de carte, pas de production. C'est la logique pull (tirer) opposée au push (pousser), qui limite stock et surproduction. David J. Anderson transpose ces principes au travail intellectuel dans son livre fondateur de 2010.
Les 4 principes et 6 pratiques du Kanban moderne
Anderson pose 4 principes : commencer là où vous êtes, s'engager à un changement progressif, respecter les rôles existants, encourager le leadership à tous les niveaux. Et 6 pratiques : visualiser le flux, limiter le travail en cours (WIP limits), gérer le flux, rendre les règles explicites, mettre en place des boucles de rétroaction, améliorer collaborativement.
Les WIP limits, la pratique-clé
Limiter le nombre d'items par colonne (par exemple 3 en « Doing ») est ce qui distingue un vrai Kanban d'un simple tableau. Un board minimal a 3 colonnes (To Do, Doing, Done) ; un board mature en compte 4 à 7 avec des sous-colonnes Doing/Done pour révéler précisément les goulots d'étranglement.