2017, lait infantile Lactalis contaminé à la salmonelle : ce sont des lots précisément identifiés qui ont permis de circonscrire le rappel plutôt que d'arrêter toute la production.
Quatre raisons de tracer, trois directions
La traçabilité — capacité à retrouver l'historique, la mise en œuvre et l'utilisation d'un produit selon la définition de l'ISO 9000 — répond à quatre enjeux : qualité, gestion des rappels, lutte anti-contrefaçon, obligations réglementaires. Elle se lit dans trois directions (amont fournisseurs, aval distribution, interne à l'usine) et à deux granularités : le lot ou le numéro de série unitaire.
GS1, du code-barres au Data Matrix
GS1 (né en 2005, héritier du premier scan d'un code-barres UPC en 1974 dans un supermarché de l'Ohio) standardise les identifiants — GTIN pour le produit, SSCC pour l'unité logistique, GLN pour le site — et les supports qui les portent : EAN-13, ITF-14, GS1-128, ou plus récemment le Data Matrix et le QR code, capables d'encoder lot et date de péremption. GS1 a d'ailleurs programmé une migration mondiale vers ces codes 2D pour 2027.
La RFID, un lecteur sans ligne de vue
Contrairement au code-barres, la RFID s'identifie sans ligne de vue directe. Walmart a rendu son usage obligatoire chez ses fournisseurs en 2022 ; le Auburn University RFID Lab documente ses gains comme ses limites (coût, lecture en milieu métallique).
Des obligations sectorielles qui ne se devinent pas
Le cadre varie par secteur : le règlement (CE) 178/2002 impose au secteur alimentaire le principe « un pas en amont, un pas en aval » (rappel invoqué par la DGCCRF via RappelConso depuis avril 2021, et par le scandale de la viande de cheval de février 2013) ; le règlement (UE) 2017/745 encadre les dispositifs médicaux via la base EUDAMED ; le règlement délégué (UE) 2016/161 impose la sérialisation du médicament depuis le 9 février 2019 ; la directive 2014/40/UE fait de même pour le tabac. Ces seuils et dates évoluant, mieux vaut les revérifier sur les textes en vigueur avant de les citer en clientèle.