Pourquoi certains managers sont-ils suivis bien au-delà de ce que leur titre impose, quand d'autres peinent malgré leur autorité ? La réponse tient dans les sources du pouvoir et de la légitimité.
Les six bases du pouvoir
John French et Bertram Raven (1959) identifient cinq bases du pouvoir social, complétées par une sixième (Raven, 1965) :
- Pouvoir légitime (positionnel) — autorité conférée par la fonction ; durabilité moyenne, il disparaît avec le poste.
- Pouvoir de récompense — capacité à accorder primes, promotions, reconnaissance ; effet d'accoutumance.
- Pouvoir coercitif — capacité à sanctionner ; faible durabilité, il génère résistance et désengagement.
- Pouvoir d'expertise — reconnaissance des compétences ; fort, tant que l'expertise reste pertinente.
- Pouvoir de référence (charismatique) — admiration et identification ; fort, se construit dans le temps.
- Pouvoir informationnel — contrôle d'informations clés ; dépend de leur rareté.
Autorité formelle contre influence informelle
- Autorité formelle — source dans l'organigramme, mécanisme d'obligation (subordination) ; risque : l'obéissance sans initiative.
- Influence informelle — source dans la compétence et la confiance, mécanisme d'adhésion volontaire ; portée transversale, mais fragile si la confiance se rompt.
Les quatre piliers de la légitimité
D'après Max Weber (1921) et ses prolongements, la légitimité ne se réduit pas au pouvoir positionnel. Elle se construit sur quatre piliers :
- Légitimité statutaire — fondée sur le titre et le mandat officiel.
- Légitimité de compétence — fondée sur l'expertise et les résultats visibles.
- Légitimité relationnelle — fondée sur l'écoute, le respect et l'équité.
- Légitimité de vision — fondée sur la capacité à donner du sens et un cap.