Les risques psychosociaux sont la première cause de maladie professionnelle en France. Et le manager de proximité en est à la fois le premier détecteur… et parfois le premier facteur.
Un enjeu de santé publique
Le burn-out toucherait 2,5 millions de salariés français (Technologia, 2022) et le coût du stress au travail est estimé entre 1,9 et 3 milliards d'euros par an (INRS). Le manager de proximité est en première ligne : il repère les signaux faibles avant la crise, mais un management toxique peut lui-même devenir un facteur de risque.
Les 6 catégories de RPS (rapport Gollac, 2011)
La commission présidée par Michel Gollac (2011), référence de l'INRS, identifie six familles de facteurs :
- Intensité et temps de travail — surcharge, urgence permanente, objectifs irréalistes.
- Exigences émotionnelles — contact avec le public, devoir cacher ses émotions.
- Manque d'autonomie — micro-management, tâches répétitives sans latitude.
- Rapports sociaux dégradés — conflits, harcèlement, isolement, absence de soutien.
- Conflits de valeurs — devoir agir contre ses convictions, sentiment de travail inutile.
- Insécurité de la situation — précarité, restructuration, incertitude sur l'avenir.
Trois niveaux de prévention (modèle OMS)
- Primaire — prévenir : agir sur les causes (charge, autonomie, reconnaissance, sens).
- Secondaire — détecter : repérer les signaux faibles avant la crise (absentéisme, baisse de performance, changements de comportement).
- Tertiaire — réparer : accompagner les collaborateurs en souffrance (cellule d'écoute, médecin du travail).
Le manager agit surtout aux niveaux primaire et secondaire ; le tertiaire relève des professionnels de santé.
La sécurité psychologique, antidote structurel
Amy Edmondson (1999) a démontré que la sécurité psychologique — la conviction qu'on peut prendre la parole, admettre une erreur ou poser une question sans crainte d'être humilié — est l'antidote de fond aux RPS. Construire cette confiance est le levier le plus durable du manager.