« Je pensais que c'était toi. » Cette phrase, cause n°1 des projets qui échouent, disparaît quand on clarifie qui fait quoi. C'est tout l'objet de la matrice RACI.
Les quatre lettres du RACI
Née des travaux du PMI (Project Management Institute) dans les années 1980, la matrice RACI clarifie les rôles selon quatre niveaux d'implication :
- R — Responsible (Réalise) : la personne qui exécute la tâche ; il peut y en avoir plusieurs.
- A — Accountable (Approuve) : la personne qui porte la responsabilité finale et valide. Il n'y en a qu'UNE SEULE par tâche.
- C — Consulted (Consulté) : dont l'avis est sollicité AVANT la réalisation ; communication bidirectionnelle.
- I — Informed (Informé) : tenu au courant APRÈS ; communication unidirectionnelle.
La règle d'or : un seul A
Chaque tâche a UN SEUL A. S'il y a deux A, il n'y en a aucun : personne ne se sent vraiment responsable. C'est le principe de responsabilité unique (single point of accountability) et la cause n°1 des projets qui échouent par diffusion de responsabilité.
Les 5 règles de validation
- Un seul A par tâche (sinon diffusion de responsabilité).
- Au moins un R par tâche (sinon personne ne fait le travail).
- Pas plus de 3 R sur une ligne (sinon le travail est mal découpé).
- Pas trop de C ni de I (sinon lourdeur et sur-communication).
- Pas de colonne vide (un acteur sans R, A, C ni I ne devrait pas figurer).
La construction se fait en atelier de 1h30 à 2h ; les désaccords sont le cœur de l'exercice car ils révèlent les zones de flou.
La matrice des parties prenantes
Complémentaire, la matrice des parties prenantes (Pouvoir × Intérêt, Mendelow 1991) cartographie les acteurs selon leur influence et leur implication. Le RACI organise les rôles à l'intérieur du projet ; la matrice parties prenantes gère les relations avec l'extérieur. Attention aux variantes RASCI ou CAIRO : le RACI classique couvre 95 % des besoins.