555 803 accidents du travail et 1 287 décès au travail recensés en 2023. Protéger la santé et la sécurité des salariés n'est pas une option : c'est une obligation légale qui structure la fonction RH.
Danger, risque, AT, MP : un vocabulaire rigoureux
Le danger est la propriété intrinsèque d'un élément susceptible de causer un dommage (sol glissant, produit chimique). Le risque naît de l'exposition d'un travailleur à ce danger et se mesure par la combinaison d'une gravité et d'une probabilité. Confondre les deux conduit à de mauvaises priorités : un danger très grave sans exposition représente un risque faible, tandis qu'un danger modéré subi en permanence peut être majeur.
- L'accident du travail (AT) est un événement soudain survenu par le fait ou à l'occasion du travail, provoquant une lésion, avec présomption d'imputabilité au temps et au lieu de travail.
- La maladie professionnelle (MP), en progression (+7,3 % en 2023), s'installe dans la durée.
La logique de prévention plutôt que de réparation
La santé-sécurité repose sur une hiérarchie simple à énoncer mais exigeante : il vaut mieux supprimer un danger que protéger contre ses effets, et mieux protéger collectivement qu'individuellement. La prévention (agir avant l'accident) prime sur la réparation (indemniser après). Cette hiérarchie fonde les neuf principes généraux de prévention et le contenu du document unique.
Le DUERP, pilier de l'évaluation
Le Document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP) formalise l'évaluation des risques poste par poste. Il traduit l'obligation de sécurité en démarche structurée et intègre désormais les risques psychosociaux, aux côtés des neuf principes de prévention.
Une fonction transversale pour la RH
La santé-sécurité n'est pas réservée aux ingénieurs : elle irrigue le recrutement (aptitude au poste), la formation (gestes et postures), l'organisation du travail (charge, RPS), le dialogue social (CSE) et la marque employeur. En 2023, les arrêts liés aux AT/MP ont représenté près de 74 millions de journées non travaillées, soit environ 315 000 emplois à temps plein. L'indice de fréquence, à 26,8 accidents pour 1 000 salariés, est le plus bas depuis 1998.