Refuser une tâche qu'on ne peut pas assumer, formuler un désaccord en réunion, répondre à une critique : comment s'affirmer sans s'effacer devant l'autre ni chercher à l'écraser ?
S'affirmer sans se soumettre ni agresser
L'assertivité — ou affirmation de soi — désigne la capacité à exprimer ce que l'on pense, ressent et souhaite, de façon claire, calme et respectueuse, sans s'effacer ni chercher à dominer. Elle se situe à égale distance de deux impasses : la soumission (s'oublier au profit de l'autre) et l'agression (s'imposer à son détriment). Loin d'un trait de caractère inné, c'est une compétence relationnelle qui s'apprend, comme la prise de parole ou la gestion du stress.
Des racines dans la psychologie
Le terme vient de l'anglais assertiveness. Il a été introduit dès 1949 par le psychologue Andrew Salter, puis développé par Joseph Wolpe dans les années 1950 au sein des thérapies comportementales : exprimer ses émotions de manière directe réduit l'anxiété sociale. Dans les années 1970, Manuel J. Smith popularise les « droits assertifs » dans When I Say No, I Feel Guilty (1975), tandis que Sharon et Gordon Bower formalisent une méthode pratique.
Le principe : j'ai des droits, l'autre aussi
L'assertivité repose sur une idée simple mais exigeante : j'ai des droits, l'autre aussi, et je peux défendre les miens sans nier les siens. Elle suppose une double conscience — de ses propres besoins et de ceux d'autrui.
La méthode DESC pour une parole difficile
Formalisée par les Bower, la méthode DESC structure un message d'affirmation pour transformer une parole difficile en message clair et constructif. L'objectif n'est pas de devenir un autre, mais d'élargir sa palette de réponses pour choisir, plutôt que subir. Sur le plan individuel, s'affirmer protège l'estime de soi ; sur le plan collectif, une équipe où chacun ose parler sans agressivité prend de meilleures décisions.