Depuis le 28 juin 2025, rendre un site marchand accessible n'est plus une bonne intention : c'est une obligation légale. Le marketing inclusif est devenu une compétence professionnelle attendue.
Du devoir moral à l'impératif légal
Pendant longtemps, le marketing s'est adressé à une cible imaginaire : un consommateur moyen, valide, jeune, urbain. Le marketing inclusif renverse cette logique en concevant produits, messages et parcours pour la diversité réelle des publics : âges, genres, origines, morphologies et surtout situations de handicap. Il prolonge le marketing éthique en approfondissant le pilier People : la dignité et l'égal accès deviennent un critère de conception, pas un argument ajouté après coup.
L'European Accessibility Act
Depuis le 28 juin 2025, l'European Accessibility Act — la directive (UE) 2019/882, transposée en droit français — impose l'accessibilité numérique à une large partie du secteur privé : commerce en ligne, services bancaires, transport, livres numériques, téléphonie. Ce qui relevait de la bonne volonté relève désormais de la conformité, avec un risque de sanction et de réputation.
Diversité, inclusion, accessibilité
Trois notions voisines à ne pas confondre :
- Diversité — la variété réelle des personnes composant un public : c'est un constat.
- Inclusion — l'action de concevoir pour que chacun trouve sa place : c'est une démarche.
- Accessibilité — la condition technique concrète de l'inclusion : rendre effectivement utilisable ce qui, sans aménagement, ne le serait pas.
Un marché considérable
En France, on estime à environ douze millions le nombre de personnes en situation de handicap, dont une majorité de handicaps invisibles (troubles « dys », déficiences légères, troubles cognitifs). En y ajoutant le vieillissement — près d'un Français sur cinq a plus de 65 ans — ignorer ces publics revient à renoncer à une part de marché supérieure à bien des segments activement ciblés. L'accessibilité numérique se normalise via les référentiels RGAA et WCAG.